La 6e Virée Cyclecariste

Publié le par lesdecoiffes.over-blog.com

C'était le week-end du 1er mai : continuant à silloner le Sud, après le Quercy l'an dernier, la Lozère l'année d'avant, les Décoiffés mettaient cette année le cap plein Ouest, vers les Charentes.

Dès le Vendredi, le ton est donné par le choix de notre camp de base en pleine ville de Cognac (on ne pouvait choisir meilleur épicentre...) et par l'accueil attentif et décontracté de l'Hôtel de l'Oliveraie qui a réussi à caser nos 17 voitures, remorques et tractrices dans la bonne humeur. Puis hop, on a envie de rouler et tout va très vite : on ouvre le robinet d'essence, titille le Solex, contact magnéto, un tour de manivelle, on ajuste le serre-tête et les Aviator et on part en fin de matinée pour une première demi-journée tête à l'air.

 

Un des nombreux ponts où nous traverserons la Charente

Un des nombreux ponts où nous traverserons la Charente

Picnic au bord de l'eau, et cap sur Angoulême où nous nous accorderons le plaisir de deux tours du Circuit des Remparts. Oh, pas au rythme fou de l'épreuve bien connue, mais en cortège, à la cool. Le carnet de route dit "en file indienne". Pour sûr, sur nos montures fougueuses et colorées dans la circulation du début de week-end, il ne nous manque plus que les plumes.

Petites routes de nouveau et nous nous arrêtons au domaine de la famille Forgeron, producteurs de Pineau et de Cognac et très attachantes personnes qui vont nous guider dans leurs installations jusqu'à la pièce maîtresse, un magnifique et très compliqué alambic de cuivre, de laiton et de bronze, puis vers la table où nous attendent leurs divins produits. Une autre énorme machine, garée dans un hangar, attire l'attention. C'est une vendangeuse mécanique "Oh, pas une neuve, nous n'avions pas les moyens, mais une occasion que les fils ont remise en état". Quand on demande pourquoi les vendanges ne se font plus à la main, c'est Mme Forgeron qui nous répond : "Voyez-vous, encore récemment, on embauchait pour les vendanges des jeunes qui étaient contents de se faire de l'argent pour leurs études. Nous préparions les repas pour tout le monde, y avait quelques douches, un dortoir pour les garçons, un pour les filles, il y avait de l'ambiance, et ce qu'ils faisaient après le repas ne nous regardait pas... Puis voilà que les normes nous ont imposé une douche pour 4 personnes, et là, ce n'était plus possible pour nous, nous ne pouvions pas transformer l'exploitation en hôtel pour deux semaines par an". Qu'a-t-on gagné, qu'a-t-on perdu, l'historiette est peut-être à méditer.

L'arrêt est aussi l'occasion d'aligner les voitures dans la cour et au soleil, et les passer en revue. Elles sont 17. Les Amilcar, dont un splendide CGSS qui vient de rejoindre le groupe, sont comme souvent les plus nombreuses. Suivent Rally, Bugatti 37 et 35, Georges Irat, MG J, Fiat Coppa d'Oro et un rare et original Benova venu du Lot-et-Garonne.

Beau cadre pour les autos

Beau cadre pour les autos

Deux inséparables...

Deux inséparables...

... et une originale

... et une originale

Samedi, le soleil a déserté les lieux et les cieux, et s'il n'est pas aux antipodes il est en tous cas bien loin. "Ca va mouiller", disent les locaux. Alors combinaisons de pluie, cirés et Barbour sont de sortie, comme les cagouilles (les escargots locaux). Qu'importe, on va rouler, et cette fois plein Ouest sur la route des huîtres. Et pour mouiller, ça mouille ! 60 km à serrer les dents et il faudra même, à l'arrêt casse-croûte, trouver un abri sous un pont routier. Qu'importe, les bourriches d'huîtres sortent du fourgon d'assistance, et le vin blanc, pour reprendre quelques forces avant de reprendre... la route.

Dans l'incroyable cité fortifiée de Brouage, il pleut toujours, et l'arrêt sera écourté. Il faudra revenir un jour dans ce lieu singulier.

Pluie sur Brouage...

Pluie sur Brouage...

... mais on garde le sourire (c'est l'effet cyclecar)

... mais on garde le sourire (c'est l'effet cyclecar)

Du côté de Marennes, une accalmie nous laisse le temps d'admirer au passage les cabanes colorées des ostréiculteurs, mais plus loin nous attend le pont qui relie l'île d'Oléron au continent. Et là, si les pluies se font éparses, c'est le vent qui s'y met. Et il souffle fort, ce vent de travers : même la 35, voiture particulièrement basse et stable, a du mal à dépasser le 60, et dans la MG il faut s'agripper au volant.

Sur le pont de l'Ile d'Oléron

Sur le pont de l'Ile d'Oléron

Ce passage est évidemment le sujet de conversation quand on vient de ranger les voitures sur le front de mer. Faut-il quand même être cinglés...

N'est-ce-pas, Jean-Paul ?

N'est-ce-pas, Jean-Paul ?

Et les autres...

Et les autres...

Cinglés peut-être, mais heureux. Le déjeuner de poissons dans la salle à manger panoramique du Restaurant du Port au Château d'Oléron n'en sera, après ces rincées et risées, que plus savoureux. D'autant qu'en revenant aux voitures...

... surprise...

... surprise...

... le soleil est de retour et le vent à peu près calmé. Le tour de l'île est paisible, entre maisons de villégiature, dunes et ports, dont celui, de carte postale, de La Cotinière, avant de retrouver le continent par le viaduc où le vent a eu la sagesse de tourner à la brise. Un arrêt dans le très joli village de Mornac sur Seudre et nous essuyons encore quelques grains (de grêle pour certains) sur la route du retour vers Cognac. 225 km sont au compteur quand nous rejoignons le bar de l'Oliveraie pour l'apéritif, puis la table pour le très soigné dîner.

Dimanche, le soleil est bien de retour, et nous filons vers le Nord du département. Filer, c'est bien le mot, et à bon train. Le village de Saint-Amand de Boixe sera vite là et nous nous y arrêtons pour une longue visite de sa remarquable abbatiale.

Amilcar CGSS à Saint-Amand de Boixe

Amilcar CGSS à Saint-Amand de Boixe

Il ne reste que quelques kilomètres pour atteindre le lieu du déjeuner, l'Atelier de la Belle Epoque où nous reçoivent Patrice Coutant et sa compagne. Cet atelier, en pleine campagne, restaure et entretient des voitures anciennes, avec une prédilection pour les avant-guerre. C'est sur la pelouse que nous garons nos montures.

Cyclecars et Grand Sport sur herbe

Cyclecars et Grand Sport sur herbe

Georges Irat et Fiat Balilla, jadis concurrentes et aujourd'hui copines

Georges Irat et Fiat Balilla, jadis concurrentes et aujourd'hui copines

Mais c'est à l'intérieur que nous attendent surprise et émerveillement.

Dans l'Atelier de la Belle Epoque (au premier plan, un rare D'Yrsan)

Dans l'Atelier de la Belle Epoque (au premier plan, un rare D'Yrsan)

Un établi de rêve

Un établi de rêve

On passe un long moment de pièce en pièce de l'atelier, d'une Amilcar à un D'Yrsan, d'une Rolls ancienne à un châssis de Ballila, d'une Delâge à un rare petit 6 cylindres Mathis, et c'est fou comme le temps passe vite dans un endroit pareil.

En attendant, c'est au soleil que nous convient les Coutant pour le buffet apéritif, et à l'intérieur de nouveau, dans deux salles où sont dressées les tables au milieu des photos, des affiches et des souvenirs automobiles pour un déjeuner cyclecariste mémorable.

Tablée cyclecariste dans l'atelier

Tablée cyclecariste dans l'atelier

Puis il faudra reprendre la route pour le dernier bout, une cinquantaine de kilomètres la tête à l'air et pleine des souvenirs cyclecaristes ramassés tout au long de ce week-end en Charentes.

Merci à Anita et Patrick qui nous ont conduits ces trois jours et sur 400 km dans leur région, de découverte en découverte et de surprise en surprise.

Publié dans La Virée Cyclecariste

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