Amilcar CS

Publié le par lesdecoiffes.over-blog.com

Un autre CS, à l'histoire un peu plus mouvementée que le premier de cette galerie.


A la guerre (la Deuxième, au siècle dernier...), cette voiture a été enfouie sous du foin pour la dissimuler aux convoitises de l'occupant. A l'armistice de mai 45, dans notre France redevenue doulce, il ne restait plus grand chose de roulant après les réquisitions de l'occupant et celles de la Résistance. Quant à attendre une voiture neuve... L'Amilcar est alors sortie de son foin et sa pointe Bordino a été sauvagement tronçonnée et remplacée par un plateau destiné à transporter semences, engrais, outils et autres choses agricoles, finies les années folles, il fallait se nourrir.

(A la réflexion, beaucoup d'autos qui auraient pu finir à la ferraille ont paradoxalement été sauvées par cette pénurie).

Elle a ainsi rendu de bons et loyaux services agricoles jusqu'à être immobilisée, moteur fendu par le gel. Mais, à la campagne, si on ne connaissait pas l'antigel, exception faite de l'eau de vie de prune, on avait cette sagesse : on ne jetait rien, qui sait, ça pourrait bien servir de nouveau un jour. Deuxième miracle : bien que provisoirement inutile, l'auto a survécu, stockée dans quelque grange.

Dans les années 70, l'intérêt croissant pour les sportives d'avant-guerre lui a donné sa troisième chance. La caisse fut refaite en tôle d'acier sur treillis métallique, façon Citroën, et le bloc soudé tant bien que mal. Le chassis, lui, était intact, comme les trains roulants, mais la voiture n'a guère roulé faute d'un moteur solide.

Il a fallu attendre 2000. Un bloc de C4 (mêmes côtes que le CS) à vendre... au Canada, mais venant d'Australie ! Affaire conclue, les pièces étaient rapatriées en France et la voiture était de nouveau sur la route en 2001.

Il est amusant de reconstituer le trajet de ce bloc moteur. Fondu à Paris, il a traversé la Manche pour être livré avec la voiture chez Boon & Porter, agents Amilcar pour le Royaume-Uni et le Commonwealth. De là, il a longé l'Atlantique, passé le détroit de Gibraltar, traversé la Méditerranée, le Canal de Suez, et enfin l'Océan Indien pour arriver en Australie. La voiture a dû être accidentée et ses pièces mécaniques stockées par un marchand. A sa retraite, celui-ci a vendu tout le lot à un autre marchand, Canadien. Le bloc a alors traversé l'océan Pacifique pour arriver du côté d'Edmonton dans l'Ouest canadien, avant de traverser le continent américain, puis l'Atlantique, et être dédouané à l'aéroport de Toulouse-Blagnac.


Cette petite Amilcar roule maintenant beaucoup. Elle n'a pas encore fait le tour du monde, mais son moteur, lui, oui !

 

Amilcar Cs

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