Théorie et pratique : eau ou liquide de refroidissement ?

Publié le par lesdecoiffes.over-blog.com

Au retour de la première virée de l'année, cette question, et la réponse (vécue) à la fin.

 

Préliminaire : la question ne concerne que les moteurs à refroidissement par eau, évidemment (!) et en thermo-syphon.

 

Comment résumer le principe de refroidissement par thermo-syphon ? L'eau sort très chaude de la culasse, elle a perdu de la densité et donc monte vers la boîte à eau supérieure du radiateur par la durite qui les relie. Le radiateur, exposé à l'air, la refroidit et donc augmente sa densité, ce qui la fait descendre, via le faisceau de tubes, vers la boîte inférieure, puis le bas-moteur où elle se réchauffera, perdra de nouveau de la densité pour remonter vers la culasse, et ainsi de suite. Cette circulation est très lente (15 cm/seconde, alors que même les plus anciennes pompes à eau mécaniques tournent autour du m/seconde), et elle se fait par à-coups, ce qui explique les gloup-gloup que vous pouvez entendre juste après avoir coupé le moteur.

 

Par tranquillité d'esprit, et un peu à contre-cœur, avant un hiver qu'on annonçait rude, j'avais rempli le circuit de liquide de refroidissement alors que la voiture fonctionne habituellement à l'eau (pour le refroidissement en tous cas, car il lui faut aussi de l'huile et de l'essence, et quant au pilote... bref). Sanction immédiate au thermomètre : entre 5 et 10 ° de plus qu'à l'habitude.

 

Explication : les liquides de refroidissement vendus dans le commerce contiennent, outre du glycol, des additifs censés inhiber la corrosion. Très bien en théorie pour les blocs modernes, en particulier en alliage, mais tout cela les rend plus visqueux, moins fluides, donc plus lents à circuler et à la fin moins efficaces en refroidissement. Les plus finauds de leurs marketeurs objecteront que leur point d'ébullition est reculé, mais on s'en fout bien : ils ne partent pas en vapeur à 100°, mais nos moteurs chauffent quand même.

 

D'où la leçon : n'utiliser le liquide de refroidissement que pour stocker l'auto en hiver (autre solution : la vidanger de son eau) et, le reste du temps, rouler à l'eau pure. Pour ceux qui habitent des régions où l'eau est calcaire, utiliser, après filtrage, des condensats d'eau de dégivrage de congélateur, de sèche-linge, ou simplement de l'eau de pluie. Et puis, au moins, dans l'eau on sait ce qu'il y a : H2O, alors que dans les liquides de refroidissement vendus parfois plus cher que le Côtes du Rhône, on ne sait pas vraiment...


Cette expérience encore vécue aujourd'hui me rappelle ce délicieux trait d'humour britannique : "La différence entre la théorie et la pratique, c'est qu'en théorie, entre les deux, il n'y a pas de différence".

Publié dans Boulons-rondelles

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