Tableaux de bord : Amilcar CC course 1923

Publié le par lesdecoiffes.over-blog.com

 

Je ne sais pas vous, mais les tableaux de bord de voitures sportives m'ont toujours fasciné, dès l'enfance. On regardait d'abord le compteur de vitesse, et surtout le dernier chiffre en bas à droite : "t'as vu, elle fait du 160 !". Et puis on comptait le nombre de cadrans : plus il y en avait, plus l'auto était sportive. Souvent placé au centre face au regard du pilote, un cadran en particulier, orné d'un triangle ou d'une épaisse ligne rouge, classait sans discussion possible la voiture : le compte-tours. Je me souviens de notre première voiture familiale qui en était équipée, une Panhard PL17 à moteur Tigre de 1964, je me souviens aussi que mon père avait mis l'aiguille dans le rouge sur la ligne droite des Hunaudières.

 

Voici donc cette nouvelle rubrique : Tableaux de Bord, et pour l'inaugurer, un des plus extraordinaires qu'il m'ait été donné de voir, celui d'une Amilcar CC très spéciale (l'Obus pour ceux qui la connaissent).


 

Tableau de bord Amilcar obus red

 

Partons à sa découverte, de gauche à droite.

 

- la montre : mécanique, 36 h de réserve de marche, en chiffres romains


- Le Nivex, nom déposé, qui indique le niveau d'essence (brevet Badin, ingénieur bien connu des aviateurs)


- le thermomètre d'eau, énorme, magnifique, dont le nom de Vapor est l'expression d'un ineffable humour quand il est monté sur un moteur refroidi par thermo-syphon...


- le voltmètre, qui indique qu'une batterie a été installée


- le bloc Bi-Rupteur HEB mérite qu'on s'y attarde. Les 4 petites fenêtres rondes en celluloïd étaient censées montrer une étincelle dans l'ordre d'allumage et ainsi indiquer que tout allait bien de ce côté ; le commutateur central "Ouvrir-Fermer" mettait ou non l'indicateur en fonction. Le propriétaire de l'auto confie que les 11 m (!) de câblage nécessaires au fonctionnement du dispositif rendent parfois celui-ci capricieux au point de causer des ratés d'allumage. Le mieux est parfois l'ennemi du bien. Mais enfin, quel bel instrument.


- l'ampèremètre, juste en dessous, est plus classique : courant produit, courant consommé, l'aiguille est au milieu quand tout va bien.


- Face au pilote, le fameux compte-tours, un Jaeger, superbe, et surtout généreusement gradué, pour un bloc à barbotage et un villebrequin monté sur deux paliers, à 6000 t/min, et sans zone rouge ! Et en plus, il tourne à l'envers, tout cela est décidément très "course".


- Le compteur de vitesse enfin, qui affiche lui aussi un chiffre optimiste et tourne lui aussi à l'envers.

 

Le peu de place encore disponible sur le tableau en aluminium est occupé par divers accessoires tels que les deux lampes d'éclairage des cadrans (en haut, à gauche et à droite), les fusibles dans leur boîtier rectangulaire et encore deux ou trois protubérances non identifiées. La médaille de Saint-Christophe qui est aussi la plaque du propriétaire occupe une place de choix, comme le commutateur allumage-éclairage Ducellier siglé Amilcar. A propos de ce dernier, son dessin comme la présence d'une manette "Codes-Phares" signalent qu'il a été monté après la fabrication de la voiture puisqu'en 1923 les feux de route à deux filaments n'existaient pas encore.

 

 

Ah, si, j'allais presque oublier : que commandent ces manettes disposées sur les quatre branches du volant : le régulateur de vitesse, la stéréo, la connexion téléphone Bluetooth, la navigation GPS ? Mais non, aucun de ces gadgets, suite et fin de la visite :

 

- en bas à gauche : commande de fermeture du volet d'air du carburateur (starter)

- en haut à gauche : accélérateur à main, pour la chauffe ou en cas de bouchage du gicleur de ralenti

- en haut à droite : réglage de l'avance à l'allumage

- enfin, en bas à droite, la commande du plus baroque des dispositifs qui équipent cette voiture : une surpression temporaire de l'air d'admission au carburateur qui donnait un surcroît de puissance, mais pas longtemps, le temps que les pressions s'équilibrent.

 


Quel ensemble fascinant forment tous ces indicateurs et commandes. A 100 et plus à l'heure dans cette carlingue, sur des pneus à talons et sans freins à l'avant, il ne fallait pas non plus oublier de surveiller le reste : la route...

 


Publié dans Tableaux de bord

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lesdecoiffes.over-blog.com 20/12/2013 20:08

Merci Jean-Marie.
Je suis sûr que tu en as dessiné aussi quelques uns...
Christian

guivarc'h 20/12/2013 17:19

Bonjour,

Quelle idée géniale que celle des tableaux de bords surtout en commençant par celui-ci...merci !! Amicalement Jean-Marie