La 5e Virée Cyclecariste, en Quercy
Trimballant leur caravane cyclecariste de région en région, les Décoiffés avaient cette année dressé leur campement en pleine nature quercynoise, dans le bourg de Cajarc.
Ce village a connu dans les années 80 la bande à Thierry Le Luron et Coluche, qui venait régulièrement garer sa Cox cabriolet noire sur la place du Foirail. Quelques années avant, Georges Pompidou montait vers sa maison du causse dans sa Porsche 911 (mais les jours d'élections, c'est dans sa Peugeot 504 qu'il descendait accomplir son devoir d'électeur). Quelques années avant encore, Françoise Sagan faisait rugir le six en ligne de sa Jaguar XK sur la route de Saujac.
Aubaine, le 1er mai était cette année un Vendredi, et l'occasion toute trouvée pour ajouter un jour à notre habituel week-end.
Bon, il pleuvait à seaux, mais cela n'a pas empêché les premiers arrivés de partir pour une boucle dans les vallées du Lot et du Célé.
Retour par la sauvage vallée du Célé, puis le causse, et nous étions conviés à l'apéro par la Municipalité de Cajarc et la Sica des Fins Gourmets. Exposition des voitures, tour de manège pour les enfants qui ont reçu leur baptême cyclecariste, joli moment d'échange, même si le ciel...
Le lendemain, tout le monde était à l'heure pour le départ. Devant nous, 215 km vers l'Ouest par la vallée du Lot, les collines, la Bouriane, le vignoble de Cahors et retour. Il ne pleut plus, ou à peine, il fait frais et ça carbure bien .
Après le casse-croûte au bord de l'ancienne RN 20, notre Nationale 7 à nous, on évite Cahors par les petites routes qui traversent les collines.
Nous voici à Cazals, où les voitures arrivent une à une, à leur rythme, avec déjà 100 km dans les pattes.
Et nous sommes reçus par l'AQVM, Association de Vieilles Mécaniques Quercynoises qui depuis des années restaure et entretient, dans son musée-atelier installé dans un ancien garage, des engins agricoles et organise tous les deux ans son Festival à Cazals-Montcléra. Le lien vers leur site est dans la rubrique "Nous aimons bien"
On prend le temps, on renifle l'odeur des vieilles mécaniques, on admire les aménagements, et on écoute Serge Costes, Président de l'Association, qui raconte avec sa modestie habituelle cette belle aventure. Sur la mezzanine, dans une cantine de luxe aménagée par les bénévoles, nous savourerons le civet de chevreuil, le cabécou, le pastis quercynois aux pommes.
Voyageur de passage, arrête toi à Cazals et vas-y en juillet les années impaires pour leur Festival.
De Cazals, nous rejoindrons Puy-Lévêque, les méandres du Lot et le vignoble de Cahors. Le prochain arrêt sera au domaine viticole du Château de Cayx près de Luzech. Là, dans ce cadre somptueux, nous garerons nos voitures pour contempler la vue superbe sur le Lot, les vignes, la douceur du printemps, et déguster leur production traditionnelle de vins rouges de cépage Malbec, mais aussi des blancs surprenants.
Puis ce sera le retour, par les hauts de Cahors, Bouziès, la splendide Corniche des Anglais, et, le soir, le dîner à Cajarc, au bistrot.
Dimanche, dernier jour, le temps va se remettre au beau, c'est ce que promet la météo. Au Saut de la Mounine, juste à côté, alors que les brumes se lèvent, on ira sur un des chemins de Saint-Jacques de Compostelle et on entendra dire la légende du lieu.
Quelques dizaines de kilomètres plus loin, après avoir traversé le Causse de Limogne, les autos s'arrêteront aux anciennes mines de phosphates du Cloup d'Aural.
Nous laisserons alors les autos pour une promenade d'une heure sur les sentiers bordés de chênes du causse, de cornouillers, d'orchidées, pour enfin descendre au fond du puits de mine et découvrir une végétation presque tropicale.
A Bach, à deux kilomètres de là, Monique Valette nous attend à son auberge Lou Bourdié pour le déjeuner de clôture.
Potage de campagne au bœuf, sandre au safran, poule aux morilles, vacherin aux noix, le tout entre la cheminée et le bar à l'ancienne, on arrête ou on continue ? On continue bien sûr, on étire le temps, et c'est Jean-Noël qui conviera la cuisinère à un tour de village dans sa MG.
Puis il faudra rentrer, par la grand route (mais tout est relatif : pas de nationales, pas de doubles-voies sur le Causse de Limogne). On appuiera un peu plus, mais pas trop, que ça ne finisse pas trop vite.
Tout a une fin, même la 5e Virée Cyclecariste des Décoiffés. De retour à la base, moteurs arrêtés après 400 km de sensations, une image encore, une image de nos cyclecars là où nous aimons les conduire : dans la nature.
Merci aux photographes Cathy, Marie-Paule, Pascale, Sylvie pour les belles images. Le film est à venir.







